09
nov
Il y a quelque chose d’agaçant chez Benjamin Biolay. Ses poses gainsbouriennes, son chant désabusé, sa grandiloquence orchestrale et ses manières démonstratives.
Mais il y a aussi quelque chose de brillant, voire d’impressionnant, chez ce jeune homme de 36 ans… Sa noirceur très esthétique, et finalement très attirante ; son écriture à nu, s’ouvrant sur des abîmes de désillusion ; son raffinement musical, se moquant de la mode.

Et puis il y a ses mélodies, circulaires, tourbillonnantes, qui happent et qui s’enroulent à en donner le vertige. La Superbe est riche de tout cela ; mieux, elle livre de vrais joyaux.
Fini le chanteur propret des débuts, le voici donc plus que jamais sur la brèche, incisif et fragile, qui proclame tout de go « je ne crois plus en rien ». Que ce soit sincère ou teinté de provocation, Biolay interpelle et remue celui qui tend l’oreille.
Son sixième album studio a beau être long, il est magnifique. Traversé par une ambition artistique et un souffle si rares dans la chanson d’aujourd’hui qu’on ne peut que s’incliner.
La Superbe est un journal intime, aux allures de testament sur certains titres, il y a tout ce que son auteur a pu donner de lui même, nulle doute que la tournée qui suivra la sortie de l’album en 2010 sera une rude épreuve pour celui qui a décidé de ne plus prendre un rôle.
dans Trax
Publié par
Christophe
12
oct
2009 à 00:42 |
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Cela parait étrange pour de tels vétérans aguerris des studios mais, Love 2, 5ème album du groupe electro-bien-peigné Air (sorti le 5 octobre) est seulement le premier disque du groupe entièrement autoproduit. Un album construit sur mesure dans leur propre studio d’enregistrement fraîchement finalisé.
Après les miniatures japonisantes de Pocket Symphony, Air explore de nouveaux terrains de jeux sur Love 2, pimentant ses compositions de touches subtiles piochées parmi ses influences méconnues, du rock à l’afro-beat. Pour autant, le duo réussit la gageure de ne jamais se départir de son style si particulier, élégant, aérien et rétro-futuriste. Mais décidément, sous sa surface lisse, son côté gentil et léché, voire insignifiant, la musique de Air est beaucoup plus vénéneuse, profonde et hantée qu’il n’y paraît.

Aujourd’hui plus que jamais, il y a d’ailleurs deux façons opposées d’approcher Air. D’une part celle qui consiste à ne voir en eux qu’un duo de jeunes gens bien nés et propres sur eux, archi-consensuels ; des pionniers de la french touch de la fin du XXe siècle, un brin désuets et trop bisounours face à la vogue des turbines électro.
Et puis il y a l’approche qui consiste à écouter leur musique sans aucun a-priori, à baisser la garde et ouvrir toutes grandes les vannes émotionnelles pour les laisser œuvrer. Et là, quand la grâce survient, souvent de façon inattendue, Air devient imbattable. On se retrouve alors prêts à baiser les pieds de ces chercheurs de Graal sonore, l’œil humide de reconnaissance. Ne souriez pas : personne n’est à l’abri.
dans Trax
Publié par
Christophe
18
mai
2009 à 01:57 |
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Chris Clark, l’enfant terrible du label Warp est de retour avec un nouvel EP s’annonçant dévastateur.
Dans la lignée du dernier Turning Dragon, Clark lance avec Growls Garden un nouvel assaut numérique sur la scène électronique mondiale. En 6 pistes et un peu plus de 25 minutes, cet EP est sûrement le pus éclectique depuis la sortie de Clarence Park, mélange de mélancolie digitale et textures à la consistance si singulière, avant de plonger dans un breakbeat massif.
Dans la grande tradition d’Aphex Twin, Autechre ou Squarepusher, Clark se révèle être un nouveau pilier du label. Quel que soit l’attente provoquée par l’annonce de son prochain album à paraitre cet été, Growls Garden à trop de chose à offrir pour passer à côté.
Un retour des plus excitants pour Warp qui vient de fêter ses 20 ans cette année !
dans Trax
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Christophe
30
mai
2008 à 15:28 |
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Le duo new-yorkais Ratatat est de retour avec un troisième album studio qui risque de faire parler de lui cet été.
Sobrement intitulé LP3, Ratatat prolonge son expérience du son progressif des années 70. Entre instruments désuets et mélange des genres, le groupe transfigure la musique électronique de par ses mélodies et rythmes intemporels. Un rock solaire, un hip-hop psychédélique, un mélange électro-foutraque, tel est le pari de Ratatat.

La première qualité de la musique de Ratatat est de ne ressembler à aucun son connu et ce dernier album confirme la tendance. Disponible à partir du 8 juillet, une première vidéo lancée tel un éclaireur pyromane sur la toile donne le tempo : à écouter… regarder… ressentir… apprécier.
dans Trax
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Christophe
04
mai
Portishead met fin avec son nouvel album Third à une absence d’une décennie. Un retour sous le signe d’un album somptueux et de la sérénité.

Après les rumeurs, les doutes, l’impatience, les 11 ans d’attente qui séparent ce nouvel album de Portishead en valaient la peine. Third ressemble très peu à ses prédécesseurs. On est loin des des samples moites et des ballades langoureuses, Portishead a décidé d’aller dans une voie totalement différente.
Un univers beaucoup plus froid que sur les albums précédents, des sonorités agressives et répétitives, le trip-hop est mort, une révolution industrielle est en marche !
dans Trax
Publié par
Christophe