04
mai

Autoportrait

2009 à 01:33 | Commenter

En 1962, Andy Warhol peint les portraits de Marilyn Monroe, de sa rivale Liz Taylor, réinterprète La Joconde et Elvis Presley. A partir de 1967 et jusqu’à sa mort en 1987, il réalise, sur commande, les portraits de dizaines de personnalités diverses, célèbres ou inconnues, offrant à un monde fasciné par les apparences un miroir flatteur et vertigineux. Il remettait ainsi à l’honneur un genre négligé, en y appliquant de nouveaux codes qui marqueront très profondément l’histoire du portrait.

Autoportrait

Avec cette série, Warhol dresse le tableau d’une société tout entière, et met en place une nouvelle forme de production artistique, sérielle, presque industrielle.

Pour réaliser ses portraits, dans son atelier, Andy Warhol mettra au point un processus systématique au début des années soixante-dix : maquillage et prise de vue de ses modèles au Polaroid Big Shot, choix des clichés, peinture et transposition sérigraphique.

Une sélection de cent trente œuvres parmi le millier de portraits qu’il a peint depuis le début des années soixante est ainsi mise à l’honneur au Grand Palais selon différents thèmes articulés à des moments essentiels de l’œuvre warholienne : Autoportraits, Screen Tests, Mao, Dollars, Catastrophes, Dernière Cène… et qui permettent de les replacer dans une vision rétrospective de sa production.

Tous mes portraits doivent avoir le même format pour qu’ils tiennent tous ensemble et finissent par former un seul grand tableau intitulé Portrait de la société.

Andy Warhol

Le Grand monde d’Andy Warhol
Jusqu’au 13 juillet
Lieu : aux Galeries nationales du Grand Palais, 3 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
Tarifs : de 8€ à 11€
Horaires : tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 22h, le jeudi jusqu’à 20h

13
avr

Réinventer les couleurs de 1950 à aujourd’hui… voilà le thème de la dernière exposition du MoMA (Museum of Modern Art) de New York.

Réinventer la couleur

Le musée propose un site riche et ergonomique dans une interface arc-en-ciel pour sa nouvelle exposition majeure baptisée Color Chart et consacrée à la recherche de l’expression personnelle au travers de l’utilisation et du choix des couleurs, pivot d’une transformation quotidienne depuis plus d’un demi-siècle.

Le site offre ainsi de découvrir les œuvres d’une quarantaine d’artistes exposés (Duchamp, Warhol, Stella, etc.) via trois thématiques : par artiste, par année et par support (peinture, vidéo, photographie). Chaque parcours est structuré autour d’une simple ligne horizontale composée d’onglets multicolores représentant les éléments (année, artiste, médium).

http://www.moma.org/exhibitions/2008/colorchart/

10
sept

C’était il y a un peu moins de cinquante ans : Warhol, Lichtenstein, Hockney ou Raysse inventaient le pop art à Londres et New York, et, à Paris, le Nouveau réalisme. C’est aujourd’hui, à Paris, dans les galeries qui font leur rentrée à partir du 8 septembre : la tendance au « néopop », la société actuelle mise en images précises et ironiques.

lls racontent le destin des choses. Xiao Fan, né à Nankin en 1954, établi à Paris en 1983, les peint propres et tentantes. Les clients les emportent en sortant des grandes surfaces. Ils en achètent tant qu’elles débordent et qu’ils s’y ensevelissent. C’est à peine si leurs têtes apparaissent derrière ces amas triomphaux. Légers, narquois, ces portraits de consommateurs heureux sont efficaces.

Tatjana Doll intervient à l’autre extrémité du processus, le stade du déchet. Son exposition, Vigilance propreté, réunit deux motifs, les poubelles vertes et les véhicules de nettoiement, tout aussi verts, de la Ville de Paris. La dextérité avec laquelle la Berlinoise en tire un parti pictural est étonnante. Elle excelle dans l’étude des surfaces plastiques abîmées, dans la représentation des balais jaunes tournoyant sur les chaussées, dans la suggestion des nuées humides qui s’élèvent de ces véhicules.

Autre variante du néopop encore : née à Vancouver en 1959, installée à Londres, Lisa Milroy se distingue par sa méticulosité maniaque. Que ce soit des vêtements sur des cordes à linge, des porcelaines dans des vitrines ou une vue de son atelier, elle ne néglige aucun détail et conçoit chaque toile comme sur le mode de l’énumération d’observations. Chacune, considérée séparément, est exacte. Mais, comme il serait impossible à un oeil humain de les percevoir toutes ensemble, leur somme glisse vers l’étrange par excès de réalité.

Pour que la tendance soit complète, il n’y manque même pas l’exposition d’un des pops historiques, Roy Lichtenstein (1923-1997). En 1967, loin des emprunts à la bande dessinée et à la presse, Lichtenstein a exécuté une suite de dix paysages marins. Ce sont des sérigraphies, associées à des photographies et à des surfaces découpées de Rowlux, matériau luisant qui produit des illusions optiques de reliefs et de moires – vagues ou nuages.

Jamais présenté en France jusqu’ici, cet ensemble de multiples qui avait été produit par le galeriste Leo Castelli démontre tout ce que peut le pop quand il s’applique non plus aux objets eux-mêmes, mais à leurs modes habituels de représentation, des plus artistiques aux plus publicitaires. Quand il se risque dans ces parages, il n’est plus si loin de l’art conceptuel. Une indication à méditer pour les néopops d’aujourd’hui ?

Les néopops marquent la rentrée de leur empreinte

Enjoy, Xiao Fan
Galerie RX, 6, avenue Delcassé, Paris-8e
Du mardi au samedi de 12 heures à 19 heures
Jusqu’au 10 octobre

Vigilance propreté, Tajana Doll
Galerie Jean Brolly, 16, rue de Montmorency, Paris-3e
Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures
Jusqu’au 5 octobre

Paintings, Lisa Milroy
Galerie Xippas, 108, rue Vieille-du-Temple, Paris-3e
Du mardi au samedi de 11 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures
Jusqu’au 20 octobre

Ten Landscapes, Roy Lichtenstein
Galerie Philippe Casini, 13, rue Chapon, Paris-3e
Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures
Jusqu’au 3 novembre

Source : Le Monde