14
juil

A travers une série de photographies intitulée Land of The Free, Steve Schofield explore la fascination du public pour la culture populaire américaine et le sous-monde culturel des fandoms (i.e. communautés de fans d’un domaine particulier).

La fascination du pire

Schofield explique que son travail permet au privé de devenir public. Il montre la profondeur des fantasmes des gens et la façon dont ils ont adopté cette culture dans le cadre de leur propre mode de vie comme un moyen d’évasion. Pour lui, ce projet s’inscrit dans une démarche politique afin de montrer la capacité de l’Amérique à s’infiltrer dans toutes les cultures par le biais de divers médias, tels que les clips vidéo, le cinéma hollywoodien, la publicité ou les sitcoms. Une manière de montrer comment la culture de masse américaine influence la vie quotidienne de ces concitoyens.

En travaillant dans les différents foyers et espaces personnels, le photographe s’efforce de présenter ses modèles dans leur « environnement » et ainsi permettre au spectateur d’évaluer la juxtaposition des cultures existante entre la vulnérabilité et l’inconfort se dégageant des modèles et la contradiction de leur environnement personnel.

Un travail sur la perception que les autres ont d’eux-mêmes autant qu’une remise en question de notre perception des autres.

10
juil

Le Colisée de Rome (Italie), la Grande Muraille de Chine, le Taj Mahal (Inde), la cité antique de Pétra (Jordanie), la statue du Christ rédempteur (Brésil), le Machu Picchu (Pérou), et la pyramide Chichen Itza (Mexique) : voici la liste des sept « nouvelles merveilles du monde » dévoilée samedi soir 7 juillet à Lisbonne, au Portugal, au terme du vote de près de 100 millions de personnes par Internet ou téléphone dans le cadre d’un scrutin organisé par une fondation suisse.

Tous ces sites et monuments figuraient sur une liste de 20 « finalistes », qui comprenait notamment l’Acropole (Grèce), la Basilique Sainte-Sophie (Turquie), ou encore la Tour Eiffel, à Paris.

Les “nouvelles merveilles du monde” ont été désignées

Avec les pyramides de Gizeh
Les pyramides de Gizeh, en Egypte, seules structures ayant survécu parmi les sept merveilles du monde originelles, conservent leur statut et viennent compléter la liste des nouveaux élus.

La liste a été dévoilée samedi soir lors d’une soirée à Lisbonne, à laquelle ont notamment participé les acteurs Ben Kingsley et Hillary Swank, ou la chanteuse Jennifer Lopez.

La campagne pour les sept nouvelles merveilles du monde a été lancée en 1999 par l’aventurier suisse Bernard Weber avec près de 200 candidatures venues du monde entier. La liste a été réduite à 21 début 2006, et depuis que les organisateurs ont commencé à visiter chaque site en septembre, la compétition s’est animée.

L’UNESCO réservé
L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) avait pris ses distances avec cette liste, soulignant qu’elle n’engageait que les personnes ayant participé au vote. L’UNESCO actualise régulièrement sa propre liste de site appartenant au Patrimoine mondial de l’humanité.

Les organisateurs du vote ont reconnu qu’il n’y avait aucun moyen infaillible d’empêcher plusieurs votes pour un site. Ainsi on estime qu’environ deux millions de Jordaniens, sur un total de six millions, ont voté pour la Cité antique de Pétra. Le gouvernement et des entreprises ont intensifié les efforts de mobilisation ces derniers jours, allant jusqu’à installer des kiosques informatiques à Amman pour permettre de voter en ligne.

Bernard Weber a fait savoir que son initiative avait pour but d’encourager la diversité culturelle par la préservation et la restauration des sites. Sa fondation a annoncé son intention d’utiliser 50% des revenus nets tirés de ce projet pour financer la restauration de monuments dans le monde entier. L’une de ces missions sera de reconstruire la statue géante du Bouddha de Bamiyan, détruite par le régime des Talibans en Afghanistan en 2000.

Les sept merveilles du monde de l’Antiquité étaient concentrées dans la région méditerranéenne et au Moyen-Orient. Mais, contrairement aux pyramides, les jardins suspendus de Babylone, la statue de Zeus à Olympie, le temple d’Artémis à Ephèse, le mausolée d’Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d’Alexandrie ne sont plus qu’un lointain souvenir.

Source : Nouvel Obs

21
oct

Rien se perd tout prolifère, quand la presse underground explose entre 1965 et 1975, tout un tas de concepts et de mœurs parfaitement subversifs bourgeonnent avec elle.

La presse alternative a été pionnière en bien des domaines et sur bien des idées. Elle a préparé les esprits à des changements très actuels. Un gisement d’utopies et de concepts qui servent aujourd’hui à nourrir l’art et la contestation, mais qui s’avèrent aussi très utiles au marketing et aux rabâchages des magazines féminins. Une source d’inspiration intarissable.

L’écologie politique, avec le Earth Day, le 21 avril 1970, qui mit 20 millions de personnes dans les rues et les jardins, quand les écolos passaient pour des extra-terrestres. La Free Press, c’était quand même des hippies. Sexe, acide, naturisme, nomadisme, Katmandou, les beatniks et Kerouac.

Les théories anti-consuméristes. Le premier casseur de pubs était américain, Jospeh H. Berke, auteur du premier livre culte sur la contre-culture, Counter Culture, paru en 1969. C’est aussi le début de la critique des médias manipulateurs et de l’anti-pub contre le matraquage et l’aliénation mentale.

Un mode d’action non violent, et la désobéissance civile. On chie sur les politiciens. La une de Other Scenes en novembre 1968, Fuck Nixon, son opposant démocrate Humphrey et le gouverneur pourri d’Alabama, Wallace.

La désillusion. Brave New Morning, la mort du hippie. Oz fait de la provoc et du mauvais esprit avec Aldous Huxley, en titrant Yippie, Some Revolution. Vu d’aujourd »hui, ils n »avaient pas tout à fait tort.

Les modes avant les autres. La free-press invente le trash, et popularise le SM qui devient branché. C’est officiel, Sade est devenu un mec cool. Mick Jagger se fait badigeonner de rouge à lèvres en couv’ du International Times.

Les concepts de la Free Press

Le bouquin de Jean-François Bizot Free Press – La contre-culture vue par la Presse Underground est disponible en anglais et en français dans toutes les librairies

Source : Novaplanet

07
oct

Pour sa cinquiéme édition, Nuit Blanche, manifestation culturelle gratuite entrée dans le paysage parisien, fera vibrer la capitale sous les auspices du métissage, dans la nuit de samedi à dimanche.

Expositions nocturnes et éphémères dans une ambiance festive permettront aux Parisiens de se réapproprier leur ville, selon Christophe Girard, adjoint à la Culture de Bertrand Delanoë et père de Nuit Blanche.

Cette année, six quartiers seront offerts à l’art contemporain : Goutte d’Or, Carpentier (XIIIe), Marais, Bercy-Tolbiac, Beaugrenelle, Champs-Elysées/Concorde.

L’idée a fait le tour du monde. Bruxelles, Rome, Naples ou Montréal ont leurs Nuits Blanches. Toronto et Riga les rejoignent cette année, en attendant Rio de Janeiro, New York, Tokyo.

La Concorde en bleu Klein
Le clou de cette manifestation sera l’illumination de l’obélisque de la Concorde en bleu Klein, cette nuance cobalt dont l’artiste avait voulu envelopper la fameuse place dès… 1956. L’avoir en 2006, « c’est un très beau signal de modernité et de respect de l’histoire de l »art contemporain », souligne Christophe Girard, alors que Beaubourg accueille une rétrospective Yves Klein.

Nuit blanche et métissée

Confiée à deux nouveaux directeurs artistiques, qui dirigèrent le palais de Tokyo, Jérome Sans et Nicolas Bourriaud, la Nuit Blanche cuvée 2006 proposera une cinquantaine de projets d »artistes.

Un portrait géant de Coluche ornera la rue Myrha à la Goutte d’Or, brossé par le peintre chinois Yan Pei-Ming. Un gigantesque crâne composé d’ustensiles de cuisine indienne par l’Indien Subodh Gupta sera posté à l’église Saint-Bernard. Un monumental collier en verre de Murano de Jean-Michel Othoniel, hommage à Peggy Guggenheim, sera visible au Crédit Municipal. L’hôtel d’Albret accueillera un alignement de chaussures en bronze portant chacune une bougie d’Erik Dietman.

Concert subaquatique, son et lumière
Le coup d »envoi sera donné à l’Hôtel de Ville qui abritera un mobile de gigantesques sphères noires signé Xavier Veilhan, sur une musique de Sébastien Tellier.

Petit Palais et Grand Palais seront de la fête : scintillement de Carsten Höller pour l’un, sculpture-offrande de bonbons de Felix Gonzalez-Torres devant l’autre.

Du concert subaquatique de la nouvelle piscine sur Seine au pique-nique sous un ciel de drapeaux africains proposé par Pascale-Marthine Tayou boulevard Masséna, on pourra passer à un son et lumière de Thierry Dreyfus à la BNF.

Hors Paris, Versailles Off proposera une visite inédite du parc et du château investis par artistes et créateurs, confiée à Christian Lacroix. Amiens organisera sa première Nuit Blanche, tout comme Gentilly (Val-de-Marne) qui inaugurera Le générateur, espace dédié à l’art contemporain avec un hommage à l’artiste californienne Anna Halprin.

Les noctambules se déplaceront grâce à trois bus navettes, des batobus sur la Seine, le métro 14 et le RER C (gratuits) ainsi que 2350 bicyclettes, elles aussi gratuites.

Le programme de la Nuit Blanche

Source : Le Figaro

24
juin

Il y a quelques jours encore, l’inachèvement du musée du Quai-Branly était spectaculaire et parfois problématique pour la sécurité des oeuvres. Certains conservateurs étrangers auraient été surpris de découvrir tel ouvrier poncer des équipements devant une grande peinture du Bas-Sépik (Papouasie-Nouvelle-Guinée) sur écorce couverte de poussière de plâtre, laquelle avait commencé de s’infiltrer dans les vitrines déjà installées.

Finalement, le dernier aspirateur passé, Jacques Chirac peut inaugurer aujourd’hui ce musée consacré aux arts primitifs, le grand projet culturel de sa présidence. Et, dès vendredi, pour trois jours, le musée sera ouvert gratuitement au public.

Il y accédera par un corridor sinueux au centre d »une plate-forme surplombée d’une grande sculpture djennenké (Mali), à la croisée des civilisations : quatre espaces séparés en zones géographiques (Afrique, Océanie, Asie et Amériques), dans lesquels il déambulera en tous sens.

Les œuvres monumentales se détachent sur des estrades, comme cette série de tambours à fente de l’île Ambrym en Océanie côtoyant des sculptures en fougères. Les autres sont regroupées par des croisements de thèmes, de matériaux et de régions, plutôt que par styles et ethnies. Les cubes multicolores qui hérissent la façade se présentent, à l’intérieur, comme des alcôves contenant de petits ensembles thématiques, comme les reliquaires d’Afrique centrale.

Les arts premiers s’ancrent à Paris

Certaines oeuvres sont spectaculaires comme cette sculpture d’initiation tolaï en zigzag d’une société secrète de Nouvelle-Bretagne (Océanie) ou ce requin-reliquaire de Santa Ana (îles Salomon), contenant un crâne de chef et portant un petit homme effrayé vers le royaume des morts. Reliquaires kotas, masques ignames, colliers-monnaies, crochets de poulies, tissus de potlach, vêtements esquimaux en peau de saumon, pédales d’échasses… les pièces cérémonielles se mêlent aux usuelles. Elles sont souvent belles, et généralement dotées d’une histoire riche : ainsi d’une impressionnante statue royale bamiléké du Cameroun, provenant de Pierre Harter, ou du trésor d’Insulinde de Barbier-Mueller.

Au centre, trouant les étages, 9 500 instruments de musique traditionnels sont empilés dans une tour de verre, une réserve visible par le public. Un aperçu de cette partie cachée des musées, qui ne livrent qu »une petite proportion de leur fonds dans les accrochages. Au Quai-Branly, celle-ci dépasse les 300 000 éléments.

Musée des Arts Premiers
Lieu : au Musée du quai Branly, 37 quai Branly, 75007 Paris
Horaires : du mardi au dimanche, de 10h à 18h30 (le jeudi jusqu’à 21h30)
Tarifs : de 6€ à 8,5€

Source : Libération