15
fév

Pop Review

2010 à 01:32 | Commenter

Héritiers de la dance-music mélancolique de New Order, les Anglais de Delphic se délectent d’un premier album, Acolyte, aux confins de la pop romantique et de l’électronique nostalgique.

Pop Review

Atmosphère faussement neurasthénique, Delphic joue en équilibre instable. Voix retravaillées, rythmiques répétitives, nappes claires-obscures de synthés, l’état de torpeur apparent n’est que trop nerveux, voué à l’agitation. Les machines sont là pour donner une énergie et une étrangeté supplémentaires à la musique des Britanniques.

La volupté pesante de Delphic ne laisse pas indifférente car saisissante dans son appel au rêve.

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.
04
jan

Près de vingt ans après sa disparition, l’ombre de Serge Gainsbourg plane encore sur toute la chanson française. Ses nombreux héritiers supposés se disputent un legs artistique immense. Pendant ce temps-là, sa propre fille, Charlotte, trace une route éminemment personnelle.

Persistance rétinienne

Deux décennies pour s’alléger d’un répertoire musical aussi génial qu’encombrant, une éternité pour faire oublier sa filiation, la mission est fragile et exquise. Charlotte s’offre un collaborateur de prestige en la personne de Beck pour réanimer la beauté vaporeuse laissée en suspens depuis 1986 et la sortie de Charlotte Forever sous tutelle paternelle.

Plus audacieux que 5:55, IRM possède une densité et une richesse musicale qui le rendent attachant. Le ton, les mots, les notes font écho à l’envie de jouer dans le terrain que dominait son père. Un spectre sonore épousant les cordes et les percussions du folk, du blues et de l’électro. Charlotte convainc habilement à dissoudre l’équation familiale.

09
nov

Boîte à musique

2009 à 00:24 | Commenter

Il y a quelque chose d’agaçant chez Benjamin Biolay. Ses poses gainsbouriennes, son chant désabusé, sa grandiloquence orchestrale et ses manières démonstratives.

Mais il y a aussi quelque chose de brillant, voire d’impressionnant, chez ce jeune homme de 36 ans… Sa noirceur très esthétique, et finalement très attirante ; son écriture à nu, s’ouvrant sur des abîmes de désillusion ; son raffinement musical, se moquant de la mode.

Boîte à musique

Et puis il y a ses mélodies, circulaires, tourbillonnantes, qui happent et qui s’enroulent à en donner le vertige. La Superbe est riche de tout cela ; mieux, elle livre de vrais joyaux.

Fini le chanteur propret des débuts, le voici donc plus que jamais sur la brèche, incisif et fragile, qui proclame tout de go « je ne crois plus en rien ». Que ce soit sincère ou teinté de provocation, Biolay interpelle et remue celui qui tend l’oreille.

Son sixième album studio a beau être long, il est magnifique. Traversé par une ambition artistique et un souffle si rares dans la chanson d’aujourd’hui qu’on ne peut que s’incliner.

La Superbe est un journal intime, aux allures de testament sur certains titres, il y a tout ce que son auteur a pu donner de lui même, nulle doute que la tournée qui suivra la sortie de l’album en 2010 sera une rude épreuve pour celui qui a décidé de ne plus prendre un rôle.

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.
12
oct

Cela parait étrange pour de tels vétérans aguerris des studios mais, Love 2, 5ème album du groupe electro-bien-peigné Air (sorti le 5 octobre) est seulement le premier disque du groupe entièrement autoproduit. Un album construit sur mesure dans leur propre studio d’enregistrement fraîchement finalisé.

Après les miniatures japonisantes de Pocket Symphony, Air explore de nouveaux terrains de jeux sur Love 2, pimentant ses compositions de touches subtiles piochées parmi ses influences méconnues, du rock à l’afro-beat. Pour autant, le duo réussit la gageure de ne jamais se départir de son style si particulier, élégant, aérien et rétro-futuriste. Mais décidément, sous sa surface lisse, son côté gentil et léché, voire insignifiant, la musique de Air est beaucoup plus vénéneuse, profonde et hantée qu’il n’y paraît.

Love, love, love

Aujourd’hui plus que jamais, il y a d’ailleurs deux façons opposées d’approcher Air. D’une part celle qui consiste à ne voir en eux qu’un duo de jeunes gens bien nés et propres sur eux, archi-consensuels ; des pionniers de la french touch de la fin du XXe siècle, un brin désuets et trop bisounours face à la vogue des turbines électro.

Et puis il y a l’approche qui consiste à écouter leur musique sans aucun a-priori, à baisser la garde et ouvrir toutes grandes les vannes émotionnelles pour les laisser œuvrer. Et là, quand la grâce survient, souvent de façon inattendue, Air devient imbattable. On se retrouve alors prêts à baiser les pieds de ces chercheurs de Graal sonore, l’œil humide de reconnaissance. Ne souriez pas : personne n’est à l’abri.

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.
04
mai

Autoportrait

2009 à 01:33 | Commenter

En 1962, Andy Warhol peint les portraits de Marilyn Monroe, de sa rivale Liz Taylor, réinterprète La Joconde et Elvis Presley. A partir de 1967 et jusqu’à sa mort en 1987, il réalise, sur commande, les portraits de dizaines de personnalités diverses, célèbres ou inconnues, offrant à un monde fasciné par les apparences un miroir flatteur et vertigineux. Il remettait ainsi à l’honneur un genre négligé, en y appliquant de nouveaux codes qui marqueront très profondément l’histoire du portrait.

Autoportrait

Avec cette série, Warhol dresse le tableau d’une société tout entière, et met en place une nouvelle forme de production artistique, sérielle, presque industrielle.

Pour réaliser ses portraits, dans son atelier, Andy Warhol mettra au point un processus systématique au début des années soixante-dix : maquillage et prise de vue de ses modèles au Polaroid Big Shot, choix des clichés, peinture et transposition sérigraphique.

Une sélection de cent trente œuvres parmi le millier de portraits qu’il a peint depuis le début des années soixante est ainsi mise à l’honneur au Grand Palais selon différents thèmes articulés à des moments essentiels de l’œuvre warholienne : Autoportraits, Screen Tests, Mao, Dollars, Catastrophes, Dernière Cène… et qui permettent de les replacer dans une vision rétrospective de sa production.

Tous mes portraits doivent avoir le même format pour qu’ils tiennent tous ensemble et finissent par former un seul grand tableau intitulé Portrait de la société.

Andy Warhol

Le Grand monde d’Andy Warhol
Jusqu’au 13 juillet
Lieu : aux Galeries nationales du Grand Palais, 3 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
Tarifs : de 8€ à 11€
Horaires : tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 22h, le jeudi jusqu’à 20h