17
mai

Die By The Drop

2010 à 01:45 | Commenter

Emmené par la moitié des White Stripes à la batterie, The Dead Weather livre, moins d’un an après Horehound, un second album qui relègue le premier au stade de démo.

Die By The Drop

Plus abouti que Horehound, premier album massif et décharné, Sea of Cowards est un nouveau brûlot mordant dont l’assaut électrique est enrichi des mélodies qui faisaient défaut à son prédécesseur. Leur secret ? Un disque de rock exalté et spontané enregistré dans l’urgence.

Le groupe continue ainsi sur sa lancée, en approfondissant ce qu’il avait commencé. Même perspective de fin du monde, climat à peine plus festif. Qu’importe, s’endormir sous les douces invectives mortuaires d’Alison Mosshart reste un régal pour celui qui demeure hypersensible à ses braillements lascifs.

Puissant, efficace, indispensable.

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12
avr

Noces d’érable

2010 à 01:06 | Commenter

Le 14 juillet 2007, Jack et Meg White fêtaient les dix ans des White Stripes. Fin juin, peu après la sortie d’Icky Thump, son dernier album, le duo s’embarquait dans une tournée du grand Nord canadien, leur première. Film et disque live, Under Great White Northern Lights retrace cette histoire.

Noces d'érable

Trésor introspectif et rétrospectif, le documentaire d’Emmett Malloy, fan et réalisateur, s’applique à retranscrire l’univers visuel codifié des White Stripes avec minutie et simplicité.

Au Canada, les White Stripes ne font pas la tournée des stades : ils jouent dans des petites salles et, en off, collectionnent les concerts-performances dans des lieux improbables. A Winnipeg, ils jouent dans un bus, entourés de voyageurs hystériques. A Saskatoon, ils jouent dans une salle de bowling. A Halifax, dans un billard. A Charlottetown, sur un bateau.

Under Great White Northern Lights est aussi un triomphe dans la quête permanente de Jack White à démontrer qu’il persiste de la beauté et du romantisme dans les choses les plus simples et les plus spontanées. Son aversion persistante pour la technologie peut paraître obstinée mais une grande partie de la puissance de ce set réside dans son aspect physique.

Une conception esthétique inébranlable dans sa forme la plus minimale.

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04
jan

Près de vingt ans après sa disparition, l’ombre de Serge Gainsbourg plane encore sur toute la chanson française. Ses nombreux héritiers supposés se disputent un legs artistique immense. Pendant ce temps-là, sa propre fille, Charlotte, trace une route éminemment personnelle.

Persistance rétinienne

Deux décennies pour s’alléger d’un répertoire musical aussi génial qu’encombrant, une éternité pour faire oublier sa filiation, la mission est fragile et exquise. Charlotte s’offre un collaborateur de prestige en la personne de Beck pour réanimer la beauté vaporeuse laissée en suspens depuis 1986 et la sortie de Charlotte Forever sous tutelle paternelle.

Plus audacieux que 5:55, IRM possède une densité et une richesse musicale qui le rendent attachant. Le ton, les mots, les notes font écho à l’envie de jouer dans le terrain que dominait son père. Un spectre sonore épousant les cordes et les percussions du folk, du blues et de l’électro. Charlotte convainc habilement à dissoudre l’équation familiale.

28
déc

Rock Diary

2009 à 00:45 | Commenter

Hedi Slimane, quarantenaire retraité de la maison Dior, met en scène le jeune Oscar Nilsson du Ballet royal danois à travers un nouveau court métrage réalisé pour le magazine VMan.

Rock Diary

La vidéo superpose le style photographique de Slimane sur la dynamique et la fluidité des mouvements du danseur. A l’instar de son travail photographique, le designer français exploite toutes les subtilités de lumière pour en révéler son hyperréalisme : dépouillement de la palette noir et blanc, utilisation de l’espace négatif, esquisse des formes.

Puissant et délicat à la fois.

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14
déc

Alain Bashung a rejoint Serge Gainsbourg au paradis du rock, mais ils se retrouvent dans une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta. L’Homme à tête de chou est à l’affiche du Théâtre du Rond-Point à Paris jusqu’au 19 décembre.

Avec pour seul élément de décor, une chaise à roulettes, celle qui aurait permis à Bashung de se déplacer sur scène si le projet d’être partie prenante du show avait pu aboutir, c’est un rock requiem à deux têtes bandantes qui fait la danse du ventre.

Sur la scène, pas de fantaisie : une nuit de lune narquoise en guise d’atmosphère, forcément bleu pétrole. Besoin de rien d’autre. Des corps dans le décor. A eux de propager le parfum de mort et d’amour qui traverse les mots et la musique de Gainsbourg, et l’histoire de la petite garce Marilou, insaisissable shampouineuse qu’un homme « aveuglé par sa beauté païenne » fera disparaître sous la mousse.

Moitié légume, moitié mec

Les corps de Marilou et de l’homme à la tête de chou se croisent, se frôlent, se caressent. Violence et érotisme se superposent sauvagement. L’histoire d’amour meurtrière est presque adoucie par la voix de Bashung.

La collaboration posthume Gainsbourg / Bashung est sans équivoque : majestueuse et immortelle.

L’Homme à tête de chou, mise en scène de Jean-Claude Gallotta
Jusqu’au 19 décembre 2009
Lieu : au théâtre du Rond-Point, 2bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris
Tarifs : de 20€ à 35€
Horaire : 20h30