Les néopops marquent la rentrée de leur empreinte

Sigur Rós, made in Iceland
octobre 26, 2015
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C’était il y a un peu moins de cinquante ans : Warhol, Lichtenstein, Hockney ou Raysse inventaient le pop art à Londres et New York, et, à Paris, le Nouveau réalisme. C’est aujourd’hui, à Paris, dans les galeries qui font leur rentrée à partir du 8 septembre : la tendance au “néopop”, la société actuelle mise en images précises et ironiques.

lls racontent le destin des choses. Xiao Fan, né à Nankin en 1954, établi à Paris en 1983, les peint propres et tentantes. Les clients les emportent en sortant des grandes surfaces. Ils en achètent tant qu’elles débordent et qu’ils s’y ensevelissent. C’est à peine si leurs têtes apparaissent derrière ces amas triomphaux. Légers, narquois, ces portraits de consommateurs heureux sont efficaces.

Tatjana Doll intervient à l’autre extrémité du processus, le stade du déchet. Son exposition, Vigilance propreté, réunit deux motifs, les poubelles vertes et les véhicules de nettoiement, tout aussi verts, de la Ville de Paris. La dextérité avec laquelle la Berlinoise en tire un parti pictural est étonnante. Elle excelle dans l’étude des surfaces plastiques abîmées, dans la représentation des balais jaunes tournoyant sur les chaussées, dans la suggestion des nuées humides qui s’élèvent de ces véhicules.

Autre variante du néopop encore : née à Vancouver en 1959, installée à Londres, Lisa Milroy se distingue par sa méticulosité maniaque. Que ce soit des vêtements sur des cordes à linge, des porcelaines dans des vitrines ou une vue de son atelier, elle ne néglige aucun détail et conçoit chaque toile comme sur le mode de l’énumération d’observations. Chacune, considérée séparément, est exacte. Mais, comme il serait impossible à un oeil humain de les percevoir toutes ensemble, leur somme glisse vers l’étrange par excès de réalité.

Pour que la tendance soit complète, il n’y manque même pas l’exposition d’un des pops historiques, Roy Lichtenstein (1923-1997). En 1967, loin des emprunts à la bande dessinée et à la presse, Lichtenstein a exécuté une suite de dix paysages marins. Ce sont des sérigraphies, associées à des photographies et à des surfaces découpées de Rowlux, matériau luisant qui produit des illusions optiques de reliefs et de moires – vagues ou nuages.

Jamais présenté en France jusqu’ici, cet ensemble de multiples qui avait été produit par le galeriste Leo Castelli démontre tout ce que peut le pop quand il s’applique non plus aux objets eux-mêmes, mais à leurs modes habituels de représentation, des plus artistiques aux plus publicitaires. Quand il se risque dans ces parages, il n’est plus si loin de l’art conceptuel. Une indication à méditer pour les néopops d’aujourd’hui ?

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